Malgré ses détracteurs et grâce à ses nombreux utilisateurs, l’homéopathie se répand en Europe et dans le monde, avec des fortunes variables selon les continents. L’Europe a le vent en poupe mais une vraie renaissance se manifeste aux Etats-Unis depuis quelques années. Plus de 80 pays dans le monde utilisent les re-
mèdes homéopathiques. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) reconnaît l’homéopathie comme une des cinq médecines officielles et traditionnelles.

En Europe

L’homéopathie est pratiquée dans de nombreux pays d’Europe et son
développement se poursuit très rapidement. Deux directives européennes de 1993 et 1995 ont officialisé son existence et lui ont attribué des crédits pour la recherche. Les pays leaders sont dans l’ordre décroissant : la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et la Suisse.

En Allemagne

Le titre de « médecin homéopathe » est reconnu comme qualification
supplémentaire par la Chambre des médecins. Plus de 3 500 médecins possèdent cette qualification sur les 258 000 praticiens. Mais il faut compter, en plus, 10 000 Heilpratiker, qui sont des praticiens de santé non médecins et qui ont le droit d’utiliser les remèdes homéopathiques.

En Belgique

L’homéopathie n’est pas reconnue mais au moins 1 000 médecins se réclament de cette discipline thérapeutique et l’utilisent quotidiennement.

Aux Pays-Bas

L’homéopathie est introduite depuis plus de cent cinquante ans
et plusieurs centaines de médecin l’utilisent. Elle bénéficie d’un cou-
rant favorable dans le public mais n’est pas officiellement reconnue.
Cependant, un étudiant en médecine peut choisir, comme sujet de thèse, l’homéopathie.

En Autriche

L’homéopathie est officiellement reconnue par le ministère de la Santé. 500 médecins prescrivent régulièrement les remèdes homéopathiques.

En Grande-Bretagne

L’homéopathie est reconnue par le département de la Santé et le
National Health Service (l’équivalent de notre Sécurité sociale). De
même, la faculté d’homéopathie de Londres est reconnue officiellement par un acte du Parlement depuis 1950. Plus de 600 médecins officiellement diplômés pratiquent donc l’homéopa-
thie et les demandes d’inscription à la faculté d’homéopathie sont de plus en plus nombreuses. 10 % de la population consulte régulièrement ou occasionnellement un homéopathe et 22 °o prend des remèdes homéopathiques. 45 % des médecins britanniques n’hésitent pas à envoyer leurs patients chez un homéopathe.
En Ecosse. 86 % des généralistes interrogés sont favorables à la pratique de l’homéopathie.

En Espagne

Après une quasi-disparition de l’homeopathie. un regain d’intérêt s’est manifesté depuis le début des années 1980. La publication et la traduction le nombreux livres d’homéopathie, pour le grand public, en langue espagnole, confirment que les 6 000 médecins qui s’affichent homéopathes sont bien en train de faire école. Certains d’entre eux sont des Français définitivement installés en Espagne. Il faut aussi remarquer que la moitié des nouveaux médecins qui se forment sont des spécialistes qui ont une expérience dans le secteur hospitalo-universitaire.

En Grèce

Pratiquement inconnue en 1965, l’homéopathie s’est depuis lors développée sous l’impulsion d’un guérisseur (!) qui dirige l’école privée d’Athènes. Une cinquantaine de médecins pratiquent l’homéopathie. Les autorités médicales tolèrent cette pratique. Plus de 40 % de la population y aurait recours de façon régulière.

En Italie

L’homéopathie n’est pas reconnue par le ministère de la Santé et les
remèdes ne sont pas remboursés par les caisses d’assurance-maladie.
Malgré cela, plus de 7 000 médecins (sur 360 000) pratiquent et prescrivent l’homéopathie, qui est utilisée par 8,2 % de la population.

En Suède

Bien qu’introduite depuis 1826, l’homéopathie n est toujours pas reconnue et sa progression est freinée par la réticence des instances officielles. Une association pour la promotion de l’homéopathie regroupe pour les trois pays Scandinaves (Suède, Norvège, Danemark) plus de 300 praticiens dont une centaine pour la Suède seule.

En Suisse

L’histoire et le développement de l’homéopathie sont indissociables de ceux de la France. Elle ne peut être pratiquée que par des médecins et les remèdes ne sont pas reconnus par les caisses d’assurance-maladie. L’enseignement est privé et se fait en collaboration avec la France. 470 médecins sur un total de 14 000 pratiquent régulièrement l’homéopathie.

En Russie

L’homéopathie est reconnue bien que sa pratique soit limitée. Il y
aurait aujourd’hui 10 000 médecins homéopathes, mais ce nombre
croît chaque année depuis le changement de régime en 1989.

En Hongrie, Pologne, Roumanie, Bulgarie, Tchéquie, Slovaquie

On assiste à une véritable renaissance avec création de laboratoires
spécialisés et demande, de la part des médecins, d’un enseignement
qualifié. La France participe à ce vaste programme de diffusion. Dans
l’ensemble des pays d’Europe centrale et de l’Est, plus de 4 000 médecins pratiquent l’homéopathie.

En Amérique

Au Canada

L’homéopathie n’a jamais vraiment existé et n’est encore qu’une pra-
tique confidentielle. Quelques praticiens seulement sont répertoriés à la Ligue internationale d’homéopathie.

Aux États-Unis

L’homéopathie a connu son heure de gloire au xix* siècle et au début du xxe siècle. En 1930, 10 000 médecins homéopathes exerçaient aux États- Unis et 9 millions de personnes utilisaient les remèdes homéopathiques. Deux collèges assuraient la formation des nouveaux médecins homéopathes et on dénombrait 48 hôpitaux
et cliniques homéopathiques sur le territoire des Etats-Unis. De 1930 à 1960, des querelles de doctrines entre homéopathes, les résultats scientifiques médicaux présentés comme des progrès définitifs par la
médecine allopathique, et l’absence de dialogue, ont détourné l’intérêt du public pour la médecine homéopathique. Depuis 1960, un nouveau mouvement très favorable à l’homéopathie a vu le jour, en réaction contre l’aspect trop technologique et scientiste de la médecine officielle. L’homéopathie et sa pratique sont officiellement reconnues aux Etats-Unis comme spécialité consacrée par un diplôme. De même, depuis 1938, les médicaments homéopathiques sont officialisés. Plus de 2 000 médecins pratiquent cette discipline, de nombreux nouveaux laboratoires lancent leur gamme de remèdes et les distributeurs de produits homéopathiques ont vu leur croissance atteindre 1 000 % en dix ans ! De même, le budget de publicité concernant l’homéopathie pour 2011 a été supérieur à ceux des cinquante années précédentes cumulés ! Dans 11 Etats sur 50, les naturopathes sont autorisés à prescrire les remèdes homéopathiques. Cependant, F American Médical Association, défavorable à l’homéopathie, se garde bien d’en faire la promotion…

Au Mexique

L’homéopathie et son enseignement sont reconnus par le ministère de la Santé depuis 1895. Plus de 4 000 médecins la pratiquent régulièrement et il existe un hôpital homéopathique national.

En Argentine

L’introduction de Fhoméopathie est récente puisqu’elle remonte seulement à 1930. Le titre de médecin homéopathe n’est pas reconnu par le ministère de la Santé et les remèdes homéopathiques ne sont que tolérés. Cependant, l’Argentine compte plus de 1 200 médecins homéopathes (sur 88 000 médecins au total) et plus de 2 500 médecins sympathisants qui prescrivent occasionnellement des
médicaments homéopathiques. Selon la Chambre argentine des laboratoires homéopathiques, une grande partie de la population se soigne par l’homéopathie.

Au Brésil

L’implantation de l’homéopathie remonte à 1818. Officialisée par décret le 25 septembre 1918, elle est considérée comme spécialité médicale depuis le 28 juillet 1979. Le Brésil compte plus de 15 000 médecins homéopathes (dont de nombreux pédiatres) sur 282 000 médecins et l’enseignement de cette discipline est dispensé dans l’école de médecine et de chirurgie de Rio, qui dépend du gouvernement fédéral. Quatre chaires d’enseignement sont attribuées à l’homéopathie. Cet enseignement était facultatif jusqu’en août 1999. Depuis lors, il est inclus dans les études normales de tout étudiant en médecine.

Au Chili

Le ministère de la Santé autorise la pratique et la prescription de l’ho-
méopathie. Environ 80 médecins pratiquent régulièrement.

En Orient

En Israël

On dénombre 300 médecins homéopathes et 1 000 naturopathes qui prescrivent.

En Inde

L’homéopathie est acceptée au même titre que l’allopathie et que d’autres médecines traditionnelles indiennes (médecine ayurvédique et médecine unani). Il n’est pas nécessaire d’être médecin pour pratiquer l’homéopathie. C’est pourquoi on dénombre plus de 250 000 praticiens homéopathes, le terme de praticien ne signifiant
pas médecin. En réalité, le nombre de médecins diplômés qui suivent un cursus dépendant du ministère de la Santé et qui pratiquent l’homéopathie n excède pas 100. Il faut ajouter à ces praticiens au statut spécial 75 000 auxiliaires médicaux autorisés également à prescrire. Sur une population de 1 milliard d’habitants, 10 % utilisent l’homéopathie. Plus de 600 fabricants de médicament.- homéopathiques sont installés en Inde.

Au Pakistan

10 000 médecins homéopathes sont enregistrés, dont 5 000 prescrivent régulièrement.

En Extrême-Orient

Chine, Japon. Corée. Indonésie. Philippines, etc. : l’homéopathie est pratiquement inconnue.

En Afrique
L’homéopathie a très peu pénétré sur le continent africain. Cependant, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Nigeria, le Ghana et le Kenya l’autorisent aux seuls médecins.

En Afrique du Sud

Elle compte une centaine de médecins homéopathes et un grand
nombre de naturopathes. Un enseignement de l’homéopathie est délivré à l’université.

Au Maghreb

L’homéopathie renaît depuis quinze ans en Tunisie et au Maroc, après avoir complètement disparu à la suite des guerres d’indépendance.

En Océanie

En Australie

Depuis 1975, les médecins diplômés sont autorisés à pratiquer l’homéopathie. Ils sont quelques dizaines à utiliser régulièrement cette méthode.

En Nouvelle-Zélande

L’homéopathie n’a pas de statut légal bien que le gouvernement n’y soit pas hostile. Depuis 1978, on note un regain d’intérêt grâce à l’activité de plusieurs sociétés homéopathiques. Le nombre de médecins pratiquant cette discipline n’est pas connu.

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