La France est certainement le pays champion du monde concernant l’homéopathie. Cette réalité tient en trois chiffres éloquents :
• 25 000 médecins (soit 25 % des médecins praticiens généralistes en
exercice) utilisent avec compétence la méthode homéopathique.
• 42 % de la population se soigne, soit dans la majorité des cas, soit occasionnellement, par l’homéopathie.
• 74 % des patients déclarent qu’ils seraient enclins à se soigner par l’homéopathie si leur médecin le leur prescrivait.
Ces chiffres appellent quelques commentaires.
De plus en plus de médecins ( généralistes et spécialistes) sont
attirés par l’homéopathie qu’ils utilisent en synergie avec des re,èdess plus classiques. Ces derniers utilisent les remèdes homéopathiques dans environ 25 % des cas. De même, en simplifiant les chiffres, on peut retenir que les 42 % de la population intéressée par l’homéopathie se décomposent en 20 %, soit 10 millions de personnes, qui souhaitent utiliser préférentiellement la méthode homéopathique, et 22 % qui suivent leur médecin et adoptent, selon les cas, telle ou telle méthode. Il faut ajouter que ces chiffres sont en constante augmentation. En effet, quelques facultés de médecine et plusieurs écoles privées forment chaque année de nouveaux médecins homéopathes. La population est de mieux en mieux informée par les nombreux ouvrages et articles concernant l’homéopathie et également par le « bouche-à-oreille » qui colporte les résultats obtenus. Elle est aussi de plus en plus réticentes vis-à-vis de certaines  pratiques de la médecine classique. Elle a donc tout naturellement le désir d’essayer d’autres possibilités thérapeutiques.

Pratiques homéopathiques

L’homéopathie existe depuis deux cents ans. Mais ce n’est pas une pratique figée, bien au contraire. Elle a évolué durant cette période et des pratiques différentes sont apparues avec leurs partisans regroupés au sein d’écoles ou de groupes. On peut distinguer trois grands courants de pensée et de pratique :
• Un premier groupe d’homéopathes considère que la prescription en
homéopathie ne doit comporter qu’un seul remède. Ce remède doit être ce-lui qui est exactement adapté à la situation du patient. Il peut être remplacé par un autre au cours du temps, en fonction de l’évolution de la maladie. Ces homéopathes sont appelés unicistes et ils se réclament de la plus pure doctrine hahnemannienne.
• Un deuxième groupe considère que la position des « unicistes » est théoriquement parfaite, mais que, dans la pratique, il est difficile de trouver un seul remède recouvrant l’ensemble des symptômes du patient. Ils utilisent donc, en même temps, plusieurs médicaments (le moins possible, c’est-à-dire 2 à 5 le plus souvent). Ils sont appelés pluralistes et se réclament également d’Hahnemann.
• Un troisième groupe considère que l’organisme est capable de choisir parmi les remèdes prescrits. Ils utilisent donc des mélanges de nombreux médicaments qui sont plus ou moins indiqués dans les affections de leurs patients. Ils sont appelés complexistes et sont plus éloignés de la doctrine d’Hahnemann. Il est impossible de trancher, en quelques lignes, et d’accorder la palme à l’une ou l’autre de ces écoles. Il est certain qu’elles comptent chacune d’excellents médecins homéopathes. On peut cependant remarquer, avec humour, que la plupart de nos remèdes sont d’énormes complexes. En effet, un produit fabriqué à partir d’une plante, comme Belladona ou Bryonia. comporte des centaines de molécules différentes. Même celui fabriqué à partir d’un sel minéral comme Calcarea phosphorica (phosphate de calcium) est un énorme complexe si l’on tient compte des nombreuses impuretés contenues dans le sel réputé pur. Au-delà de nos querelles d’écoles, ne sommes-nous donc pas tous, sans le savoir, des « complexistes » ? Quoi qu’il en soit de ces querelles d’écoles, les adeptes de l’homéopathie peuvent être rassurés. À quelques variations près, la pratique des médecins homéopathes français respecte la méthode créée par Hahnemann. Les résultats sont là pour en témoigner.

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