Le Codex, qui est le grand livre officiel de la pharmacopée française, définit le remède homéopathique ainsi : «Lespréparations homéopathiques sont des médicaments obtenus par la méthode des dilutions succèssives dites hahnemanniennes. » On voit donc que nos remèdes sont définis non pas par leurs produits de base mais par une technique particulière de fabrication.

Différentes origines

Contrairement à une idée répandue, l’homéopathie n’est pas la « médecine des plantes ». Les médicaments homéopathiques sont fabriqués à partir de produits originaires des trois règnes : minéral, végétal et animal, comme le montrent les exemples encadrés. Pour le règne minéral, on utilise des sels naturels ou chimiques ou des mélanges de ces sels, ou encore des préparations complexes. Pour le règne végétal, on prépare des extraits alcooliques de la plante ou de sa partie active, appelés teintures-mères. Pour le règne animal, on emploie des animaux entiers, des organes ou des sécrétions animales, dilués dans l’alcool.

Les dilutions

Elles représentent le temps essentiel pour l’obtention du remède.
A partir des teintures-mères alcooliques obtenues pour les souches végétales et animales, on peut procéder de deux manières.

La dilution hahnemannienne

Seule méthode autorisée en France jusqu’en janvier 1993, elle consiste à diluer la teinture-mère progressivement de 10 en 10 ou de 100 en 100 selon la méthode rigoureuse appliquée en chimie. Elle a été utilisée par Hahnemann au début de sa pratique.

Différentes origines

  • Règne minéral

Natrum muriaticum est préparé à partir du sel de cuisine. Sulfur est préparé à partir du soufre. Calcarea carbonica est préparé à partir du carbonate de chaux. Phosphorus est préparé à partir du phosphore blanc. Mercurius solubilis est préparé à partir d’un azotate de mercure et d’ammonium.

  • Règne végétal

Belladona est préparé à partir de la totalité de la plante Aîropa betladona Bryonia alba est préparé à partir de la racine de la bryone blanche. Thuya occidentalis est préparé à partir des rameaux feuilles du thuya. Lycopodium est préparé à partir des spores sèches de la plante appelée « pied-de-loup ».

  • Règne animal

Apis mellifica est préparé à partir de l’abeille entière. Lachesis est préparé à partir du venin du serpent Lochesis mutus qui vit en Amérique du Sud.

 

Des remèdes sans noticeContrairement aux remèdes classiques, les remèdes homéopathiques ne présentent pas de notice explicative En effet le choix de ces derniers est lié d une étude minutieuse et très personnalisée des symptômes Les renseignements recueillis au cours de l’enquête diagnostique constituent une grille de référence qui doit coïncider avec une des grilles des médicaments homéopathiques contenues dans la matière médicale en fonction de la loi de similitude. Une notice explicative, pour un remède, devrait donc contenir tous les renseignements contenus dans la matière médicale ! Cela n’en rendrait pas l’utilisation plus aisée pour le profane L’automédication en homéopathie est donc plus difficile qu’en médecine classique où les médicaments présentent des indications très précises (antispasmodique, antalgique, somnifère, anti-inflammatoire ..).

 

En pratique, on prend 1 millilitre de teinture-mère que l’on mélange à 99 millilitres d’alcool (ou d’eau mélangée à l’alcool)pour obtenir une première dilution au 1/100. De même, on prend imdlilitre de cette première dilution que l’on mélange à 99 millilitres d’alcool
(ou d’eau mélangée à l’alcool) pour obtenir une deuxième dilution au
1/100. On utilise un flacon pour chaque dilution et on pratique une agitation vigoureuse après chaque opération. On continue ainsi jusqua la trentième dilution, qui est la dernière autorisée. Pour chacune de ces dilutions, on parle de CH, ce qui veut dire « centième hahnemannienne ». Ainsi. Belladona 5 CH signifie que le remède
contient une solution obtenue après 5 dilutions successives au centième de la teinture-mère de la plante Atropa belladona.
De la même façon on peut effectuer des dilutions au dixième. On parle alors de DH (« dixième hahnemannienne » que l’on écrit souvent D ou X.

La dilution korsakovienne

Autorisée en France depuis janvier 1993, elle consiste à diluer la teinture-mère progressivement en utilisant un flacon unique et une machine automatisée.
La première dilution au 1/100 est placée dans le flacon. Puis, pour chaque dilution suivante, après une vigoureuse agitation, ce même flacon est automatiquement vidé et rempli aussitôt de 100 mil-
lilitres du solvant (le mélange eau-alcool). Les traces de chaque dilution restées sur les parois en verre du flacon assurent la continuité de l’opération. Cette méthode est évidemment très
imprécise. Mais elle met l’accent sur l’agitation (appelée, par Hahnemann,  dynamisation) et accorde peu d’importance à l’exactitude de la dilution. L’essentiel, ici, est de connaître le nombre de cycles de dynamisation. On parle ainsi de Lycopodium 10 000 K, ce qui veut dire que ce remède a subi 10 000 cycles de dynamisation. Les remèdes obtenus par cette méthode ont certainement des effets différents de ceux fabriqués selon la méthode hahnemannienne. Ils agissent de façon plus globale et doivent être réservés à la prescription médicale.

Les triturations

Pour les souches minérales insolubles dans l’eau ou l’alcool, on procède par trituration, ce qui veut dire réduction en parties très petites par écrasement du produit dans du lactose, à l’aide d’un pilon, dans un mortier (sorte de gros bol massif en porcelaine).
On procède comme pour les dilutions: 1 centimètre cube de la
souche dans 99 centimètres cubes de lactose pour obtenir la pre-
mière trituration au 1/100 et ain- si de suite. On admet qu’après la troisième trituration au centième, les substances insolubles peuvent être mises en solution.

Granules et globules

Le remède homéopathique est vendu le plus souvent, sous forme et de granules imprégnés de principe actif.

Le support

Les granules sont des petites sphères de saccharose et de lactose de 50 milligrammes chacune environ. Ils sont délivrés en tube de 75 granules environ. Les globules sont des petites sphères de saccharose et de lactose de 3 à 5 milligrammes environ. Ils sont délivrés en petits tubes-dose contenant 1 gramme de globules (entre 200 et 300).

L’imprégnation

Granules et globules sont imprégnés à cœur, par pulvérisation, au moyen des différentes dilutions des souches homéopathiques.

Autres formes

À partir dos teintures-mères et de leur dilution, on peut fabriquer des
remèdes homéopathiques sous toutes les formes proposées par la pharmacie : suppositoires, gouttes buvables, liquides injectables, poudres, pommades, sirops… Dans la pratique, ces présentations sont peu utilisées.

Date de péremption

Des granules homéopathiques, gardés dans un lieu propre et sec, conservent leur activité durant des dizaines d’années.
Cependant, la législation française rend obligatoire la mention d’une date de péremption, que l’on trouve sur l’étiquette des tubes. En aucun cas la composition du médicament homéopathique ne peut s’altérer au point de rendre le produit toxique.

La fabrication des remèdes

Tout pharmacien diplômé a le droit de fabriquer les remèdes homéopathiques. Et certains ne s’en privent pas. Cependant, la plupart d’entre eux s’approvisionnent auprès de laboratoires spécialisés dans cette tâche. En France, ils sont deux grands à se
partager le marché : les Laboratoires Boiron et les Laboratoires Pierre
Fabre (qui ont racheté les Laboratoires Dolisos) qui distribuent sur
tout le territoire national, grâce à de nombreuses succursales, et sont, de plus, implantés dans de nombreux pays étrangers.
Les procédés et les contrôles de fabrication dans ces laboratoires sont aussi rigoureux que pour la fabrication des médicaments classiques.

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